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Conduite automobile et tumeurs cérébrales

L'apparition d'une tumeur au cerveau peut entrainer une confusion passagère. Conduire s'avère alors dangereux. Un article du Journal of Oncology fait le point sur cette question

Par Kerrie Leanne McDonald

En référence à l'article « Pratiques courantes de mise en place de restrictions à la conduite pour les patients atteint d’une tumeur cérébrale » par Thomas et autres, publié dans votre journal en octobre 2010 , je vous écris pour informer les lecteurs d'une récente initiative du groupe de travail neuro-oncologie (NSWOG, Australie) de l’Institut du cancer NSW pour signaler les conséquences sérieuses de la conduite d'un véhicule à moteur après le diagnostic d'une tumeur cérébrale. Conduire un véhicule à moteur est une tâche complexe et les patients diagnostiqués avec tumeurs cérébrales sont un risque maximum d'accident à cause des déficits non cognitifs significatifs associés à cette maladie. Comme les auteurs l’indiquent les crises, lapsus, et les dysfonctionnements cognitifs peuvent provenir de tumeurs cérébrales bénignes ou malignes, plaçant ainsi le conducteur, ses passagers et d’innocents passant en danger.

Aux États-Unis il est de la responsabilité de chaque État de renforcer les conditions qui empêchent de conduire. En Australie l'autorité délivrant le permis de conduire (DLA) à la responsabilité légale de définir les règles d'éligibilité à la conduite et le rôle des médecins traitants pour fournir l'information médicale correcte. En pratique cependant la responsabilité retombe sur le médecin. L'Australie a la chance de disposer de recommandations formalisées, mais malgré la publication de « Comment évaluer l’aptitude à la conduite » par les autorités routières australiennes (règles approuvées par toutes les autorités délivrant les permis en Australie), les patients ont souvent des avis contradictoires au regard de la capacité ou non à conduire. Ceci est cohérent avec les découvertes et les conclusions de Thomas et de ses collègues. Dans une enquête australienne sur les pratiques des neurochirurgiens, les neurologistes les radios cancérologues (194 personnes interrogées), 73 % de ceux qui a répondu n'étaient pas au courant des règles applicables actuellement. De façon unanime, la conclusion et la recommandation auxquelles ont abouti les enquêtes tant américaines qu’australienne, sont de former des groupes de travail pluridisciplinaires pour définir des règles de conduite plus spécifiques.

En réponse à ces études un panel d'experts en neurochirurgie, en oncologie médicale en thérapie occupationnelle, en rééducation et autres équipes soignantes ont publié deux brochures d'information -une pour les médecins et l'autre conçue pour les patients : «  La conduite et les tumeurs cérébrales : un guide pour les médecins » met en évidence une méthode simple pour aider les médecins à fournir à leurs patients un avis autorisé au regard de la conduite d'un véhicule à moteur. La méthodologie commence par le diagnostic confirmé d'une tumeur cérébrale. L’étape suivante de décision appartient au traitement et à la physiologie : le patient a-t-il eu une craniotomie ? Si c'est le cas, la recommandation australienne est de ne pas conduire pendant trois mois.

Après trois mois, la méthodologie s'intéresse au fait de savoir s'il y a des déficits significatifs, des déficits marginaux ou pas de déficit. En présence de déficit significatif, il n'y a pas de conduite permise. En cas de déficit marginal, le recours à à thérapie occupationnelle est recommandée et l’aptitude à la conduite doit être précisément évaluée. Pour les patients sans déficit, le feu vert est donné pour conduire. Cette méthodologie ne fait pas de distinction entre les tumeurs bénignes les tumeurs malignes puisque l’intensité des crises d’épilepsie est indépendante du grade de la tumeur. La méthodologie est fondée de façon prédominante sur la présence ou non de déficit. Des recommandations pour les crises d’épilepsie sont aussi présentées. Très souvent, un conflit peut survenir entre le patient et le médecin qui annonce au patient qu’il ne peut pas conduire. La brochure pour les médecins fournit une information utile sur la façon de parler aux patients et à leurs familles et les moyens de récupérer leur permis. De plus, le groupe de travail du NSWOG a créé une seconde brochure à remettre aux patients : « Les tumeurs cérébrales et la conduite : un guide pour les patients et les conducteurs » met en évidence de façon simple les raisons pour lesquelles ils ne devraient pas conduire, quelle est la responsabilité du médecin, comment ils peuvent retrouver le droit de conduire et une liste d'alternatives possibles dans le cas où le patient ne peut pas conduire. Conduire est un privilège, pas un droit et la conduite par des gens ayant une tumeur cérébrale est une question sérieuse.

Les deux brochures concernant les tumeurs cérébrales et la conduite peuvent être trouvées à l’adresse :
http://www.cancerinstitute.org.au/cancer_inst//nswog/groups/neurol.html

References :

1. Thomas S, Mehta M, Kuo JS, Robins I, Khuntia D (2010) Current practices of driving restriction implementation for patients with brain tumors. J Neurooncol. doi:10.1007/s11060-010-0439-7

2. Somerville ER, Black AB, Dunne JW (2010) Driving to distraction

17 Jan 2012

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