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Les directives anticipées : pourquoi et comment

La loi 2005-370 du 22 avril 2005 et le Décret no 2006-119 du 6 février 2006 donnent à chacun de nous, majeur, la possibilité d’écrire des directives anticipées.

Les directives anticipées : pourquoi ?


Les directives anticipées indiquent les souhaits d’un patient, hors d’état d’exprimer sa volonté, à sa fin de vie, quant aux limitations ou arrêt de traitement, investigation ou intervention.

Elles fournissent un élément important au médecin dans ces moments où les prises de décisions nécessitent le recueil de multiples informations, médicales bien sûr, et également concernant les aspirations et valeurs du patient.
Ces directives anticipées, qui peuvent être écrites à tout moment, permettent au patient de faire savoir, à un moment où il ne serait plus en mesure de l’exprimer, ce qu’il pourrait juger acceptable ou inacceptable, dans sa fin de vie.

Elles peuvent concerner la poursuite, la mise en place ou l’arrêt d’un procédé artificiel d’alimentation, d’hydratation ou de respiration, la poursuite ou non  de traitements antérieurs, par exemple d’une corticothérapie ou l’introduction, ou non, de tout autre traitement ou exploration.

Il ne s’agit pas d’une liste de tout ce que, patient, nous ne voulons pas, mais bien plus de ce que nous souhaitons concernant notre représentation de notre dignité en fin de vie, de notre façon de concevoir celle-ci dans ses aspects médicaux (la crainte de l’acharnement thérapeutique exclut-elle la lutte contre les souffrances par des moyens thérapeutiques adaptés ?) et sociaux (image donnée et laissée à nos proches).

Elle peuvent être rédigées à tout moment, leur valeur en temps opportun peut être mise en question. En effet, notre appréhension de notre vie digne d’être vécue peut s’avérer très différente en étant en bonne santé, atteint d’une affection chronique ou à un stade évolué de certaines maladies. C’est une raison pour laquelle le législateur a prévu l’obligation faite au médecin de consulter ces directives anticipées (dans les situations de limitation de traitement), lorsqu’elles existent, mais non de s’y conformer.

 

Les directives anticipées : comment ?

Il s’agit d’un document écrit, daté, signé mentionnant les noms, prénoms, date et lieu de naissance de leur auteur. Si celui-ci ne peut écrire ou signer le document, deux témoins, dont la personne de confiance, si elle existe, attestent l’authenticité des directives anticipées sur un document joint à celles-ci. Ces deux personnes sont dûment authentifiées par leur nom et qualité.

Ces directives sont valables trois ans, sauf avis contraire du rédacteur. Elles peuvent être révocables ou modifiables à tout moment, il convient de dater chaque modification et leur validité est de nouveau trois ans ; elles sont prorogées par simple confirmation, signée et datée, pour une durée de trois nouvelles années.

Elles peuvent être confiées à un proche, à la personne de confiance, au médecin traitant ou conservées dans le dossier du patient, ou celui-ci les garder sur lui. L’important étant de les rendre facilement accessibles, faire savoir à son entourage leur existence et lieu de conservation est facilitateur.

Le patient peut signaler la rédaction de directives anticipées lors de chaque hospitalisation mais il n’y a pas d’obligation légale à proposer à celui-ci de rédiger alors des directives anticipées (contrairement à celle faite de proposer la désignation d’une personne de confiance dans ces circonstances).
Lors de procédures de limitations de traitement, dans le cadre défini par la loi (procédure collégiale), le médecin doit s’enquérir de leur existence, les consulter mais n’a pas l’obligation de s’y conformer.

En conclusion, l’existence de directives anticipées aide le médecin à apprécier les valeurs du patient et il en en est tenu compte dans les choix thérapeutiques, tant dans l’abstention que dans l’arrêt ou  la poursuite de traitements. Ces valeurs pouvant se modifier lors de l’évolution d’une affection, d’autres éléments entrent en considération dans les choix médicaux, l’appréciation de l’état de santé bien sûr mais aussi les propos de la personne de confiance, de la famille et des proches.

QUELQUES REFERENCES :


Directives anticipées :

Note sur la loi Léonetti : cliquez ici

Lien vers le site de l'AP-HP : cliquez ici

Personne de confiance : cliquez ici

17 Jan 2012

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