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Témoignage d'une patiente, Géraldine parle de la médecine indienne

Dès l’annonce de la maladie, j’ai su que je ne me satisferai pas de la seule allopathie. Bien qu’elle soit la médecine de ma culture, j’ai très tôt éprouvé le désir et la curiosité d’aller voir ailleurs.

Il se trouve que quand « je suis tombée malade », comme on a l’habitude de le dire chez nous, je pratiquais déjà le yoga depuis plus de 10 ans, je m’étais formée à la méditation deux ans auparavant et j’avais découvert l’ayurvéda (la médecine traditionnelle indienne) à travers des ouvrages et des documentaires. J’avais même consulté un praticien. Sans le savoir, j’avais déjà tous les outils en main pour accueillir ce qui allait survenir.

 

Pour ces traditions orientales, l’état de nature est un état de bien-être, la maladie un déséquilibre où les parties affectées ne peuvent être dissociées du tout. A vrai dire, avec elles, on ne traite pas la maladie mais le malade, pas la pathologie ou le symptôme mais l’individu.

 

La maladie est le message du désordre, du manque d’équilibre propre à cet individu. L’annonce de la tumeur au cerveau fut une surprise mais pas complétement. Je ne suis pas tombée des nues. Au tréfonds, je sentais que quelque chose n’allait pas. Je n’ai pas éprouvé de colère ou d’injustice. J’ai constaté à mon tour. Je me suis accoutumée à l’idée de cette présence étrange. J’ai accepté voire j’ai remercié. Je sais que ce j’écris là n’est pas concevable pour tout le monde. Comment accepter la maladie, comment se résigner, comment se réjouir même ? Je ne me l’explique pas non plus mais j’ai pris cela comme une chance, une chance de prendre du temps pour moi, de prendre soin de moi, de comprendre ce qui est juste pour moi.

 

La tumeur n’était pas opérable, trop importante et trop mal placée. On a parlé de cancer, de grade, de chimiothérapie, de radiothérapie. Plus d’un an de traitements, des hauts, des bas, des effets secondaires. Une année encore pour me remettre peu à peu des traitements et des dommages collatéraux. Un long chemin… et des résultats positifs et prometteurs. La tumeur est toujours là mais elle a réduit et ses manifestations aussi. Une nouvelle année démarre,

 

c’est décidé, je pars.

 

Je ne suis jamais allée en Inde, je n’ai jamais voyagé seule, si loin, si longtemps. Mais j’ai suffisamment d’énergie maintenant pour entreprendre cette aventure. Je pars dans un hôpital indien pour 4 semaines de traitement ayurvédique. Mon objectif ? une cure de régénération. Là-bas, aucune promesse de soigner la tumeur. Il s’agit plutôt de reconstruire mon système immunitaire, en rééquilibrant mes doshas (1). 

 

Le cancer fait partie des maladies auto-immunes et l’ayurvéda permet de rééquilibrer le corps avec l’esprit, de tendre à nouveau vers sa constitution native, de retrouver l’alignement propre à sa bonne santé.

 

Le premier ingrédient est l’alimentation. Un soin tout particulier est apporté pour que chaque repas contienne les 6 saveurs (2), base de l’équilibre alimentaire. A cela, s’ajoute des remèdes (pâte, huile, liquide, cachet …) issus des végétaux, à ingérer ou à recevoir en massages. Ce n’est pas tous les jours une partie de plaisir. Le grand principe de l’ayurvéda est de réguler le feu digestif (Agni). Pour cela, il y a tout un système de nettoyage profond et de purges diverses et variées. Les massages à l’huile de coco augmentée de plantes médicinales sont effectués pour mieux faire pénétrer les remèdes dans tout le corps jusqu’au coeur des cellules. Ils

permettent soit de retirer ou de rajouter ce qui doit l’être. Les massages sont dispensés par une ou plusieurs personnes. J’ai eu un traitement nécessitant jusqu’à 6 masseuses. Deux personnes peuvent avoir la même maladie, ils ne seront pas soignés pour autant avec les mêmes traitements. C’est fonction de la constitution doshique, du travail digestif et intestinal, de l’histoire et du mode de vie de chacun. Définir le bon traitement demande un examen clinique (pouls, iris, langue, ongles notamment) et un questionnaire bien plus détaillé que ceux que l’on trouve chez nous. Chaque jour le traitement, ses effets et les réactions des patients sont évalués. Un traitement ayurvédique sérieux dure au minimum 3 semaines (jusqu’à 6 semaines), en une fois mais il peut être répété dans l’année ou sur plusieurs années en cure.

 

Il est accompagné parfois de recommandations surprenantes : ne pas lire, ne pas écrire, ne pas dormir dans la journée (sinon on éteint Agni, le feu digestif), ne pas pratiquer de yoga postural, ne pas sortir dehors pendant plusieurs jours, méditer, écouter de la musique …

 

« Ayur » signifie le souffle de la vie ; « veda », la connaissance ; « Ayurveda » n’est autre que la connaissance de l’élan de vie, une discipline, vieille de plusieurs millénaires, - 3000 avant JC. L’ayurvéda est soeur du yoga (étant entendu comme un ensemble de pratiques posturales, respiratoires et méditatives). Comme lui, elle guide le patient vers une pratique, qui consiste à entretenir, améliorer voire recouvrer son équilibre physiologique et mental. Ces disciplines permettent de remettre du sens, de l’humain et de la singularité sur le chemin de la guérison, sur notre chemin de vie, notre biographie. Notre corps et notre esprit sont impressionnants de complexité et d’intelligence, de capacités de destruction comme de reconstruction. J’ai appris avec l’ayurvéda et le yoga à être mon propre sujet de guérison, du moins de renouveau.

 

Ces disciplines sont des alliées. La tumeur est toujours dans ma tête mais aujourd’hui, j’ai confiance en la vie.

 

(1) Dans l’ayurvéda, les 5 éléments se combinent en paires afin de former 3 forces dynamiques qu’on appelle les Doshas. Doshas signifie en sanskrit « ce qui change ». Il existe 3 doshas (vata, pitta et kapha) et nous en sommes tous constitués. Nous pouvons avoir une dominante à un dosha, à deux doshas – c’est le cas de la majorité – avec une dominante de l’un ou l’autre, ou à trois doshas, équilibrés ou non. Le diagnostic se fait par la prise de pouls. 

 

Connaître sa constitution permet d’éveiller son « intelligence intérieure ». C’est une manière d’apprendre à se connaître pour mieux adapter son alimentation, privilégier telles activités physiques, connaître les faiblesses organiques potentielles à surveiller … Ether + Air = VATA / Feu + Eau = PITTA /

 

Eau + Terre = KAPHA.

 

(2) Notre sens du goût fait appel à 6 saveurs

13 oct 2018

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